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01/03/2012

L'enfer, c'est les autres.

Récemment une amie est venue me rendre visite. Dans la conversation, elle a commencé à parler d'une de ses amies qui venait d'accoucher d'un bébé qui n'avait pas survécu. Je ne me suis pas tellement formalisée de cette intervention. Arrivée en fin de grossesse, j'ai déjà appris à me blinder contre toute sorte de discours toxique, souvent prononcé sans penser à mal, mais qui allument de petites lumières rouges dans le cerveau...

Mais à la réflexion, pourquoi ne m'en suis-je pas formalisée? Parce que je sais que cette personne me connaît bien, et je sais qu'elle a un franc-parler bien à elle, qui fait partir d'elle. Alors oui, si j'avais été quelqu'un d'autre, cette histoire aurait pu me faire vraiment peur. D'ailleurs j'y ai quand même pensé plus tard le soir, mais sans que ça ne m'effraye outre mesure. Ça m'a pourtant rappelé un bon nombre de remarques ou discussions avec pas mal de gens, qui sans forcément me connaître aussi bien qu'elle, se permettent de donner leur avis sur tout et n'importe quoi.

Une autre amie, il y a quelques mois m'avait demandé si c'est vrai cette histoire de petite bulle, de carapace qu'on se forge enceinte pour se dédier à soi et à son bébé et ne s'inquiéter de rien d'autre, même si le monde s'écroulait... Je ne peux pas dire que c'est vrai pour toutes les femmes: je n'en suis qu'une, mais ça a été vrai pour moi depuis le début.

Cette petite bulle de douceur, qui est si nécessaire pour se protéger de toutes les meilleurs personnes du monde qui ne se rendent pas compte du mal qu'elles peuvent faire, pour se protéger de parfaits inconnus qui se permettent de lancer leurs remarques, leurs conseils, sans y avoir été invités, et qui sont autant d'agressions contre cette petite bulle...

Mais de quel droit les gens se permettent-ils de telles agressions? Ma bulle, mon espace, si je ne veux y laisser entrer personne, c'est un de mes droits les plus fondamentaux... Si je ne vous invite pas au conseil pourquoi me donner votre avis? Si vous sonnez chez moi et que je n'ouvre pas vous défoncez la porte? C'est ce que vous faites à ma petite bulle lorsque vous cherchez par tous les moyens à me convaincre que les bébés, il faut les régler, le congé maternité c'est ennuyant/fatigant ou ce que vous voulez, le jus d'orange ou les produits laitiers sont le mal absolu et j'en passe... C'est ce que vous faites quand croyant m'informer d'un risque qui n'existe peut-être pas pour moi, vous m'annoncez comme si de rien était que votre enfant est né par césarienne ou avec tel ou tel problème...

Au final, qu'avez vous réussi en essayant d'ébrécher ainsi ma petite bulle?

A me faire douter de la sincérité des médecins tchèques: 6 césariennes pour 1 voie basse à Brno... Oui c'est sans doute une mauvaise coïncidence, mais qui me conforte dans le choix qu'accoucher à 30 km est le bon...

A me fermer à tous les conseils. Peut-être même les bons. Parce que je ne vous demande rien, je ne suis pas assez stupide pour rester seule avec mes questions sans les poser, et je sais à qui les poser. Je n'ai pas besoin de votre avis gratuit, que vous ayez des enfants ou non: votre expérience n'est pas la mienne. je ne suis pas la même femme que vous, et mon fils n'est pas une copie conforme de votre petit chérubin...

A me conforter dans tous mes choix, aussi marginaux qu'ils puissent paraître (puisque refuser ce que je considère une mutilation, ou la péridurale, il parait que c'est marginal). Parce qu'en essayant à tout prix de m'infantiliser et de vouloir me faire entendre votre raison sans écouter ma voix d'adulte, vous avez réussi vous-même à vous discréditer, à montrer une immaturité certaine, qui vous empêche de me respecter en tant que femme...

Qui êtes vous pour vous croire si supérieurs et forts d'expériences - pas forcément concluantes d'ailleurs?

Qui êtes vous pour me dicter ma conduite et vous offusquer si refuse de vous suivre à la lettre? Ailleurs dans le monde, ne fait-on pas des révolutions pour faire tomber des gens comme vous?

Qui êtes vous pour m'argumenter en pleine face, que je n'ai pas fait médecine? Vous non plus! A-t-on créé le médecin avant la femme?

Qui êtes vous, simplement pour me juger?

Alors taisez vous. Tous autant que vous êtes, vieux, jeunes avec ou sans enfants. Je suis sûrement aussi intelligente que vous, et assez pour poser les questions dont j'ai besoin, aux personnes en qui j'ai confiance. Cessez de vous acharner contre cette petite bulle qui n'a rien demandé, laissez moi vivre mon expérience par moi-même, sans vous mêler de ce qui ne vous regarde pas. Cette expérience ne vous appartient pas, vous n'avez pas le droit de vous l'accaparer de la sorte. Fièrs d'avoir éraillé près de 9 mois de ma vie, laissez moi tranquille pour ces 10 derniers jours, et le reste de ma vie de femme et de mère.