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23/09/2011

La pire seconde de panique de ma vie.

Hier, je me baladais tranquillement sur la blogo, quand j'ai découvert par hasard Colinette. J'ai tout naturellement commencé par le dernier article publié. Amusant. J'aime. Et là, tout à coup, sans crier gare, voilà qu'elle nous sort que quand on a un enfant, il faut l'aider à faire ses maths le soir.

Et je me suis vue, dans quelques années...

- "Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan Tu peux m'aider à faire mes devoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiirs?"

- "Oui mon poulet", je répondrai en trottinant gaiement vers le grand dadet boutonneux, qui, studieux, essaye de décrocher son bac avec mention, laissant mes copies à corriger pour le lendemains en désordre sur mon propre bureau, et les deux plus jeunes se disputer au sujet meilleur parfum de glace qui existe au monde en retournant le salon.

Et il me montre son exercice, sur sa tablette hi-tech, dont je ne comprendrait rien du fonctionnement, et là, je la vois. L'équation à 36 inconnue. Des chiffres et des lettres en personne (alors qu'on m'a bien dit pendant ma première année d'école qu'on ne pouvait calculer QUE des nombres et en aucun cas des lettres ou des bananes... Quelle menteuse cette maîtresse!) Le cauchemar de ma vie. Que faire?

Parce que vois tu cher lecteur. Là, d'un coup, j'ai réalisé que tout ce que j'avais rêvé pour ma vie future risquait d'être réduit à néant par une compliquée simple équation. Je ne pourrai jamais être une mère parfaite. Celle qui aide en math au-delà du niveau 6ième...

Parce que vois-tu cher lecteur, moi, à l'école, je n'étais pas mauvaise en maths. Au début du collège non plus d'ailleurs. J'étais même très forte en calcul mental. Maintenant je suis très forte en démarrer, exécuter, calc. Mais la 4ième doit représenter une rupture dans ma vie. Et j'en ai profité pour rompre avec les maths. D'un coup, comme ça, je n'y ai plus rien compris. Que Pythagore se retourne dans sa tombe, moi les histoires de carrés d'hypothénuses, ou autre somme de AB+AC=ABC, n2, fx ou autres codes secrets, je les laisse à Thalès, ou à qui en voudra bien! Et même quand je comprenais les règles et que je les appliquais à la lettre, je ne tombais jamais sur le même résultat que la prof. C'est rageant à la fin. Et elle osait me dire que c'était moi qui me trompais Mais qui me prouve que ce n'était pas elle?

Du coup voilà. Je me suis vue, l'espace d'un instant, incapable d'aider mon rejeton en crise dans son exercice de maths de terminale S. Mère indigne qui ferait mieux de retourner à ses copies d'anglais, ou séparer les deux derniers sur le point de s'étriper.

Et tout d'un coup, comme ça, sans crier gare j'ai eu une illumination. Bon mon poulet, papa est un fou furieux du boulot et il risque de rentrer vers minuit, mais exeptionnellement tu peux l'attendre pour t'aider avec ton exercice de maths. Misterdoudou lui, une équation à 36 inconnue, c'est le rêve de sa vie. (Après moi, le dadet et les deux plus jeunes belliqueux, faut pas exagérer non plus!) Ça l'éclatera comme un fou! Et alors là, ce fut le soulagement. la fin de cette seconde de panique interminable: Misterdoudou et moi pouvons être complémentaires sur l'aide aux devoirs... Si ce n'est pas une belle projection du future ça!

Moi les maths, du coup j'ai laissé tomber. Je suis partie en filière littéraire. J'ai choisi italien en option au lucée, en plus de l'anglais et de l'allemand. Quand j'ai tenté la fac "en vrai", j'ai pris russe en option... En première année de LLCE j'ai repris allemand, puis en deuxième année italien, pour finir par prendre espagnol en troisième année, juste parce que je suis une kamikaze... Entre temps je m'étais entichée d'un livre de chinois, et j'ai été plus ou moins contrainte d'apprendre le tchèque, et la vie m'a amenée à baragouiner trois mots d'arabe tunisien...

Bref, si un joyeux rejeton me demande un jour de l'aider dans n'importe quelle langue habituellement proposée dans les établissements scolaires, je pourrai faire quelque chose. Sauf pour l'arabe, je laisse ça à son papa. Quand même. Faut pas charrier.